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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 22:21


À la suite d’une rencontre avec un groupe d’étudiants étrangers lors d’un cours à Louvain-la-Neuve, une visite de la Chèvrerie de la Croix de la Grise (Havinnes, Tournai) a été organisée le samedi 2 avril 2011. L’histoire de la ferme a débuté en 1982, elle a depuis lors connu trois reconversions majeures : de l’agriculture conventionnelle à l’agriculture biologique en 1997, le passage des vaches laitières aux chèvres en 2001 et la mise en place de la transformation du lait sur place et de la vente directe en 2006.

La journée du 2 avril avait pour thème "l'agriculture familiale paysanne comme solution durable pour le développement du Sud et la viabilité du Nord". Afin de profiter au maximum de la venue des étudiants africains et sud-américains, la journée a été élargie aux agriculteurs de la région. Ce fut une belle occasion de croiser les points de vue et de partager les témoignages. Dr. Marjolein Visser, professeure d’agro écologie à l’ULB et Dr. Nicolas Dedoncker, professeur de géographie aux FUNDP à Namur ont participé à la journée ainsi qu’une dizaine d’autres universitaires de diverses disciplines. Des représentants d’ONG Nord-Sud et d’organisations de consommateurs se sont joints aux discussions. Le Professeur Matthieu de Nanteuil (LSM, UCL) est venu présenter un exposé intitulé «Donner du sens à son travail, un droit fondamental ? ».

Durant l’avant-midi, les participants ont visité la ferme et Francis a partagé son expérience, la discussion s’est élargie à l’évolution de l’agriculture en Europe durant ce dernier siècle. Les acteurs du monde agricole, notamment Arthur Quaghebeur, Jean Frison et Etienne Trifin ont témoigné des principales difficultés auxquelles les agriculteurs sont confrontés. Après un repas partagé, Xavier Jadoul (Entraide et Fraternité) nous a parlé de son texte « Agriculteurs : exploitants ou exploités ? » et de la campagne de son association qui veut défendre conjointement les paysans du Nord "et du Sud.  Stéphane Desgain (CNCD 11.11.11.) a présenté son film « Je mange donc je suis » qui a permis de faire le tour de la situation des paysans à travers le monde. Nous avons alors abordé la souveraineté alimentaire en raccrochant ce concept aux témoignages et aux revendications qui nous venaient des deux hémisphères.

Après avoir visité les cultures bio et questionné les avantages qu’elles offrent dans l’optique d’un nouveau modèle agricole, le dernier volet de la journée a été consacré aux pistes et aux solutions pour le Nord et le Sud. Pierre Cossement a présenté sa démarche de reconversion au Bio, David Petit nous a expliqué la décroissance économique, Sylvain Launoy et Mosaïque Detournay ont présenté des organisations de consommateurs, Anne-Michelle Faux a quant à elle évoqué le manque de concurrence dans beaucoup de domaines économiques agricoles.

La diversité des personnes présentes a enrichi les échanges et tous convergeaient vers la quête d’un modèle durable, capable d’anticiper les grosses mutations futures, pensé globalement et vécu localement, intégrant le savoir et la main d’œuvre du lieu, réfléchi en dialogue avec toute sorte de partenaires afin de développer une réelle résilience des espaces ruraux. Chacun a pu apprendre beaucoup des autres, ce fut une journée d’écoute, de dialogue et de témoignages. Le temps nous a fortement manqué mais ce n’est que partie remise…

Journee-du-2-avril-2011 5285

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 14:47

 

Compte-rendu succin de l’intervention du Professeur Matthieu de Nanteuil-Miribel le 2 avril 2011 à la Chèvrerie de la Croix de la Grise lors de la journée de réflexion intitulée

« L’agriculture familiale paysanne comme solution durable pour le développement du Sud et la viabilité du Nord »

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    Après avoir visionné ensemble le film du CNCD 11.11.11. « Je mange donc je suis », le constat partagé durant la matinée se confirme : nous avons à faire à un macro mécanisme morbide, aux effets pires qu’imaginables. La question que nous nous posons tous est « comment a-t-on pu en arriver là ? » Le Professeur, spécialiste de la théorie des organisations nous propose alors une mise en perspective historique.


     Nous remontons alors à l’idéologie même du capitalisme. Le libre marché est perçu comme le moyen optimal de création de richesse : rien ne peut le freiner dans son envolée. La main invisible d’Adam Smith est quasi mythifiée, naïvement pensée comme bienveillante.


     La division du travail et la parcellisation infinie des tâches représentent le progrès, la quête d’efficacité, le gain de productivité. Ayant d’un certain point de vue fait leurs preuves à l’échelle de l’entreprise, on a idée de les étendre à un niveau supérieur : la division internationale du travail : spécialisation, avantage comparatif et commerce international…


     Malheureusement, même si une quantité colossale de richesse était produite, une infime partie de celle-ci était redistribuée. De plus, cette richesse est autonomisée et objectivée de la population, elle devient une puissance indépendante des hommes, sans conscience, sans éthique ni valeurs. L’économie crée des volumes de richesses captifs qui défendent leurs propres intérêts et entrent tout-puissants dans des rapports de force avec les hommes.


     En recréant du collectif, de la solidarité, les hommes ont pu constituer une forte pression sociale afin de contrer les inégalités grandissantes qu’induisait le système, l’Etat social fait passer la pilule…


     La révolution industrielle consiste au passage de l’artisan à l’ouvrier. Le travailleur perd tout savoir-faire, tout contrôle sur le produit comme sur le processus de production (division concepteur/exécutant) et le système de solidarité de métier (corporations) est virulemment attaqué. Tout le collectif est considéré comme nuisible au développement et à la croissance économique, seul l’individu autonome est reconnu. L’outil autrefois animé par la main de l’homme laisse place à la machine qui lui impose son rythme, son bruit, son danger. La déqualification du travailleur se fait dans la promesse d’un revenu monétarisé, le salaire, qui donne accès à un certain nombre de biens matériels. Cette transition, en plus de se traduire par des conditions de travail abominables, signifie une perte de sens et de dignité immense: l’homme ne se reconnait plus dans son œuvre, elle n’est plus sienne.


     Le parallèle avec l’agriculture est évident. Revenons-en directement aux défis du jour. La crise du travail agricole est double : d’une part les inégalités de revenus sont criantes, l’agriculture est le secteur économique le plus inégalitaire en Belgique, d’autre part le travail agricole a perdu beaucoup de son sens pour l’agriculteur notamment par le mode de production agro-industriel et par la coupure du lien entre producteurs et consommateurs. Le problème foncier vient s’ajouter à cela : l’accès à la terre pourtant totalement consubstantiel avec l’agriculture est mis à mal tant au Nord qu’au Sud par la ‘puissance du capital’ qui ne tient pas compte de la vraie valeur (non marchande) de la terre arable.


     N’en restons surtout pas là, laissons désormais place à l’action. Tout d’abord, les initiatives doivent venir des acteurs du terrain : face à la crise sociale (inégalités de revenu) qui nous inflige, il faut recréer du collectif, des solidarités interpersonnelles en renouant par exemple avec un mouvement syndical fort. La crise écologique et environnementale nécessite une véritable prise de conscience et d’actions que le consommateur doit non seulement effectuer mais aussi soutenir. Pour sortir de ce fatalisme et donner à nouveau du sens à son travail, il faut recréer du lien entre producteurs et consommateurs en s’inspirant des communautés du Sud qui elles, ont su garder un savoir d’organisation du collectif.

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 Lien vers le site du CRIDIS: Centre de recherche interdisciplinaire "Développement, Institutions, Subjectivité" (UCL)

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 20:59

"L'agriculture familiale paysanne comme solution durable

pour le développement du Sud et la viabilité du Nord" 

 

           L’agriculture a subi d’importantes transformations durant les derniers siècles. Les évolutions ont accouché d’un progrès technique colossal et d’une intensification jusque là inégalée. Mais  à quel prix? Quelles perspectives pour nous, petits agriculteurs? Quelles sont les voies qui s’ouvrent aujourd’hui? A l’heure où la durabilité est une nécessité, où le droit à l’alimentation doit être une priorité, quelles solutions pouvons-nous apporter? Elargissons la réflexion à un niveau mondial associant les acteurs du terrain et les chercheurs scientifiques, valorisons l’interdisciplinarité et la créativité. Durant cette journée réfléchissons ensemble à de nouvelles pistes. Producteurs, consommateurs, économistes, universitaires du Nord comme du Sud et tout citoyen interpellé,nous nous ferons un plaisir de vous accueillir nombreux dans notre petite ferme perchée là-haut, sur colline...

Invitations-copy.jpg

10h00: Accueil à la Chèvrerie à Havinnes, présentation de la journée
10h15: Historique et présentation de la ferme: trente ans d’histoire et trois reconversions majeures
10h45: Visite de la Chèvrerie
11h15: Première table ronde : Quelle est la situation alimentaire mondiale aujourd’hui?
                                          Où sont passés les paysans du Nord? Evolutions du XXe siècle
                                          Qu’en est-il des paysans au Sud?
12h15: Repas: table commune
13h15: Film: “Je mange donc je suis” CNCD-11.11.11. Discussion
13h45: Deuxième table ronde: Donner du sens à son travail: un droit fondamental?
                                          Souveraineté alimentaire ou le retour du paysan dans la société
14h45: Visite des cultures
15h30: Troisième table ronde: Diversification agricole: les autres rôles de la ferme dans la société

                                          et dans l’économie locale
                                          Comment responsabiliser producteurs et consommateurs?
                                          Durabilité, gage de survie? Solutions
16h30: Traite des chèvres

 

            Cette journée se déroulera le samedi 2 avril 2011 à la Chèvrerie de la Croix de la Grise à Havinnes (Tournai). Prévoir des habits chauds et qui peuvent être salis. Adresse: 231, rue du Bois de l’Allemont, B-7531 Havinnes. (Ne pas se fier au GPS, demandez l’itinéraire par mail). Repas: table commune, chacun apporte quelquechose. Boissons disponibles sur place. P.A.F.: Libre. Réservation et informations: Vincent Delobel (vdelobel@gmail.com). GSM: 0487.90.52.02. ou 069.54.62.74. Voir aussi: http://researches.chevreriedelobel.over-blog.com

Bande Chèvrerie

 

Afin de préparer au mieux cette journée, un portefeuille de documents est téléchargeable via DROPBOX. Si vous désirez l'obtenir, communiquez-moi votre adresse mail. [vdelobel@gmail.com]

 

Etant donné la coïncidence des dates, cette journée sera intégrée au calendrier de la Semaine de la Solidarité Internationale de Tournai. 

 

  • Interview au JT de Notélé, 15 Aout 2009: ici
  • Interview dans Questions à la Une, le 30 avril 2008: ici(15'53")
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